Histoire de la chimie


 

Introduction

La science dans l'antiquité Grecque

Alchimie

 

Introduction

La chimie présente la particularité d'être une science relativement récente apparue seulement à la fin du XVIIIème siècle, à la suite des travaux et des réflexions de Lavoisier, il y a un peu plus de deux cents ans. Avant Lavoisier, l'étude de la matière et des quelques réactions chimiques qui avaient été découvertes étaient considérées sous l'angle de l'alchimie, une pseudo-science ésotérique.

A partir du début du XIXème siècle, les chimistes vont employer des méthodes rigoureuses rendues possibles par les progrès de la physique, particulièrement grâce aux travaux sur les gaz et sur l'électricité.

Vers la fin du XIXème siècle, les premières théories sur la matière ont permis de simplifier la chimie. Ces théories recouvrent deux domaines :

celle de la structure moléculaire, avec la notion de valence et de stéréochimie,

celle de la réactivité chimique, qui se base sur les études cinétique et thermodynamique.

Au cours du XXème siècle, ce sont les théories des mécanismes réactionnels, qui vont permettre de grandes avancées de la chimie. Les mécanismes réactionnels justifient les réactions chimiques par des déplacements d'électrons entre des groupes d'atomes, des déplacements inter ou intramoléculaires.

A la fin des années cinquante, la chimie quantique, la mécanique quantique adaptée à la chimie va aussi créer une nouvelle approche de la réactivité chimique, en permettant d'analyser les réactions chimiques selon désormais trois axes : le contrôle de charge, le contrôle stérique et le contrôle orbitalaire.

Sur le plan de la chimie expérimentale, l'apparition des techniques spectroscopiques va considérablement faciliter la tâche du chimiste et donc accélérer l'évolution de la chimie.

La science dans l'antiquité Grecque

De même que la philosophie, la science (dans le sens de la discipline qui observe la nature et l'étudie par la logique) est née en Grèce. Ses origines peuvent être controversées. Certains diront que l'héritage de Thalès forme la base de la théorie des éléments premiers de la nature, d'autres tiendront Leucippe de Milet et Démocrite comme les fondateurs de l'atomisme, et tout le monde sera d'accord pour dire qu'Aristote fut le premier vrai logicien sans être pour autant le premier scientifique. Mais il s'agit ici d'un débat sans intérêt majeur.

La science est née de l'observation de la nature. Elle est apparue pour la première fois en Mésopotamie, au coeur des civilisations sumériennes et babyloniennes, à la même époque que l'invention de l'écriture, les fameuses tablettes gravées en écriture cunéiforme. Par la suite, elle se développera chez les égyptiens, mais par tradition, les historiens font remonter la naissance de la science au sens de discipline logique avec la philosophie de la nature, développée par les grecs à partir du VIème siècle av. J.-C.

Il faut bien dire que les grecs n'ont fait ni de la physique, ni de la chimie proprement dites. Ils ont développé les techniques de logique qui servent de base aux discours scientifiques. Tout le monde s'accorde pour dire que l'histoire de la science commence en Grèce, en Ionie, à Milet.

C'est vers 600 av. J.-C. que Thalès, reprenant les textes d'Hésiode et d'Homère, va poser les premières pierres d'une conceptualisation du monde, aujourd'hui vue comme farfelue, qui va tout de même vivre pas loin de 2500 ans. En se basant sur l'observation de la nature, il postule que celle ci est composée d'objets, de corps, d'êtres vivants, mais que tout peut être ramené à quatre éléments premiers : l'eau, la terre, l'air et le feu, mais surtout il impose l'eau comme élément premier. Parmi les contemporains et les disciples qui succédèrent à Thalès, différentes théories s'échafaudèrent pour se compléter, se décrier, se rejeter. Tour à tour, c'est le feu, la terre et l'air qui succéderont à l'eau comme élément premier, aussi bien que d'autres entités plus complexes comme l'apeiron d'Anaximène.

L'Alchimie

Il est difficile de chercher à donner une définition de l'alchimie en peu de mots, tellement son champ d'investigation est vaste. Souvent présentée comme une vague fumisterie, l'alchimie recouvre plusieurs disciplines dont la principale s'apparente à la métallurgie et à la chimie expérimentale, une sorte de protochimie.

Même si l'alchimie nous semble aujourd'hui peu sérieuse, n'oublions pas qu'elle fut une discipline qui naquit à la même époque que la philosophie, vers le VIème siècle avant J.-C., et qu'elle fut étudiée par tous les grands esprits jusqu'à ce que Lavoisier ne la condamne définitivement. N'oublions pas non plus que beaucoup de techniques contemporaines de chimie expérimentale, comme la distillation, ont été mises au point par des alchimistes, et que leur vocabulaire perdure encore dans certaines opérations. C'est le cas des mots comme précipitation, réduction, combustion, amalgame...

Une image d'Epinal fait que l'on imagine l'alchimie apparue au moyen âge, avec sa mythologie, sa pierre philosophale, son élixir de vie éternelle et l'établi crasseux où traînent quelques cornues et autres grimoires antiques. Mais l'alchimie vient de l'antiquité. Comme toutes les bases de la science, elle nous fut amenée, à la chute de l'empire arabe, par les écrits des grands savants arabes, entre le Xème et le XIIème siècle.

L'alchimie est née de la surprise de voir sortir du sol puis des premiers fourneaux, des métaux, ces nouveaux matériaux résistants, froids, brillants. L'homme impressionné par cette découverte qui va modifier son histoire et perfectionner sa technologie, ne sut répondre à cette nouveauté autrement qu'en créant de toutes pièces une mythologie de la métallurgie comme il l'avait fait pour l'homme avec les religions. Fabuleux mélange savamment dosé de techniques expérimentales et de vocabulaire magique, l'alchimie va apparaître dans toutes les grandes civilisations du monde, comme une "religion métallurgique".

L'alchimie est née avec la découverte des métaux. Toutes les grandes civilisations antiques on pratiqué l'alchimie : Egypte, Grèce, Mésopotamie. C'est surtout d'Egypte que l'on a retrouvé le plus de textes décrivant les premières techniques alchimiques.

Ces techniques tournent autour de la manipulation des métaux, et surtout de la recherche de l'élaboration d'alliages, avec, bien souvent, pour finalité de créer de l'or à partir de métaux moins nobles. C'est ce travail de faussaire qui a été retenu par les alchimistes du moyen âge occidental qui ont mal interprété les quêtes initiales en considérant la transmutation du plomb en or réalisable par une série de manipulations.

Une des grandes figures de l'alchimie arabe est Geber, la version occidentale de Al Jabir. Il était à la fois philosophe, astrologue et médecin. C'est le premier a avoir mis au point la première mythologie alchimique. Par la suite, l'ensemble de l'occident médiéval va baser l'alchimie sur ses travaux jusqu'à utiliser même son propre vocabulaire (Alchimie, Alambic, Elixir...).